04/14/2026

BP a exclu une résolution d'actionnaires régulièrement déposée de l'ordre du jour de son assemblée générale (AG). La compagnie pétrolière britannique souhaite également supprimer des engagements climatiques adoptés lors des AG de 2015 et 2019, qui avaient alors été proposés par des actionnaires et approuvés par le conseil d'administration. Ethos recommande de voter contre la réélection du président du conseil et contre la résolution 23, qui vise à effacer ces engagements. Un signal fort, à quelques jours de l'AG. 

La Fondation Ethos recommande aux actionnaires de BP de voter contre la réélection du président du conseil d’administration, Albert Manifold, lors de l’AG du 23 avril prochain (point 4 de l’ordre du jour). Cette recommandation fait suite à la décision de l’entreprise britannique de ne pas inclure à l’ordre du jour de son AG 2026 une résolution d’actionnaires déposée par l’ONG néerlandaise Follow This et une coalition d’investisseurs internationaux, dont la Fondation Ethos et plusieurs de ses membres. 

Pour Ethos, la décision du conseil d’administration de BP constitue une grave atteinte aux droits fondamentaux des actionnaires, et cela à un moment où ceux-ci sont déjà mis à mal sur plusieurs marchés, notamment aux Etats-Unis. Follow This, de son côté, explore différentes voies de recours juridiques afin de contraindre BP à soumettre cette proposition au vote lors d’une prochaine assemblée.

Albert Manifold a été nommé président du conseil d’administration de BP en octobre 2025, à la suite de la démission de son prédécesseur. C’est donc la première fois que son élection est soumise au vote des actionnaires. « En tant que président, il a une responsabilité directe dans le choix de ne pas inclure notre résolution à l’ordre du jour de l’AG, souligne Vincent Kaufmann, directeur de la Fondation Ethos. Or, nous sommes convaincus que sur le moyen et long terme, il est dans l’intérêt de toutes les parties prenantes de l’entreprise, à commencer par les actionnaires, de pouvoir compter sur un président qui respecte les droits fondamentaux des actionnaires. »

Un retour en arrière inacceptable

Déposée par une coalition d’investisseurs institutionnels représentant plus de 1000 milliards de dollars d’actifs, la résolution rejetée par BP soulevait pourtant une question fondamentale pour l’avenir de l’entreprise : comment entend-elle continuer à créer de la valeur en cas de baisse de la demande mondiale de pétrole et de gaz, notamment si la transition vers les énergies renouvelables devait s’accélérer ? Confrontée au dépôt de la même résolution, Shell a d’ailleurs accepté de la soumettre au vote de ses actionnaires lors de son AG du 19 mai 2026.

Mais ce n’est pas tout. Le conseil d’administration de BP propose également à ses actionnaires de révoquer deux résolutions climatiques qui avaient été approuvées par la grande majorité des actionnaires – et soutenues à l’époque par le conseil d’administration – lors des AG de 2015 et 2019. Ces deux résolutions exigeaient notamment de l’entreprise qu’elle publie davantage d’informations concernant sa stratégie climatique ; des informations indispensables pour juger des efforts de l’entreprise en matière de transition énergétique. Cela concerne par exemple la publication des investissements dans les énergies bas carbone, ou encore l’alignement et la résilience du portefeuille aux différents scénarios de l’agence internationale de l’énergie. 

Pour Ethos, dont les lignes directrices de vote prévoient de s’opposer à la réélection du président d’une entreprise à fortes émissions de gaz à effet de serre qui n’aurait pas mis en place de stratégie climatique suffisamment convaincante, revenir sur des engagements approuvés par les actionnaires est inacceptable. Ethos recommande évidemment de voter contre cette proposition (point 23).

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